Monaco, News, Politique 12 avril 2026

Pour Alain Berset, Secrétaire Général du Conseil de l’Europe : Le Conseil de l’Europe est un acteur essentiel pour garantir la sécurité juridique et démocratique de l’Europe

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    • En propos liminaires lors de la conférence de presse présentant la futur présidence de Monaco au Conseil de l’Europe,  Alain Berset, ancien Président de la Confédération suisse en 2023, et Secrétaire Général du Conseil de l’Europe depuis 2024.

          • a souligné le privilège d’être reçu officiellement pour la première fois à Monaco. Après des entretiens fructueux avec le Prince Albert II, le Ministre d’État, le gouvernement, le Président du Conseil national et les représentants monégasques à l’Assemblée parlementaire, Il a tenu à souligner sa rencontre significative avec des lycéens.Il a défini la présidence monégasque comme arrivant à un moment crucial quand le continent européen a besoin de stabilité, notamment face aux défis comme la guerre en Ukraine et les escalades au Moyen-Orient.
      • Le Conseil de l’Europe est un acteur essentiel pour garantir la sécurité juridique et démocratique de l’Europe

      • Le Conseil de l’Europe est un acteur essentiel pour garantir la sécurité juridique et démocratique de l’Europe. En effet, Monaco prendra la présidence du Comité des Ministres du Conseil de l’Europe pour la première fois le 15 mai 2026. La caractéristique de cette présidence est d’intervenir à un moment de « rupture géologique » mondiale, caractérisé par une intensité et une gravité rares, exigeant une conduite claire, ferme et basée sur des valeurs, ainsi qu’une vision à long terme pour la paix et la stabilité en Europe.

    • Alain Berset a constaté que malgré une adhésion « relativement tardive », il y a 20 ans, Monaco est profondément alignée avec les valeurs européennes et celles du Conseil de l’Europe.
    • Le Secrétaire Général a par ailleurs souligné les points fondamentaux l’action du Conseil de l’Europe. En effet, contrairement à d’autres organisations internationales, le Conseil de l’Europe est capable d’agir concrètement sans droit de veto, permettant des réponses précises aux pressions sur les valeurs et l’État de droit. Le conflit Ukrainien a permis la mise en oeuvre de décisions significatives, au travers de la Cour Européenne des Droits de l’Homme qui prend des décisions quotidiennes sur les violations des droits humains liées au conflit. De même, la création du Registre des dommages en 2023 et de la Commission des réclamations en décembre dernier ont le rôle d’envisager les réparations. De plus, un soutien à la création d’un tribunal spécial pour le crime d’agression est mis en place. Ces actions concrètes démontrent l’engagement contre la violence et la destruction.

      • Pour Alain Berset, le défi est de contrer l’impression que les organisations internationales sont éloignées de la vie des gens. A ce propos, ll tient à rappeler que la Convention Européenne des Droits de l’Homme (1950), s’appuie sur un texte majeur qui a conduit à une convergence sans précédent en Europe, qui bénéficie directement aux citoyens (ex: droit à la vie privée). En effet le monde post-Mur de Berlin a changé ; nous faisons face à une crise du multilatéralisme, du droit international et à une évolution technologique qui brouille l’information, menaçant le débat démocratique. Le Secrétaire Général du Conseil de l’Europe considère qu’il est impératif de s’adapter à cette nouvelle réalité par l’innovation pour garantir un avenir où l’État de droit, les droits humains et la démocratie occupent une place centrale.

      • Concrètement, qu’attendez-vous au niveau du Conseil de l’Europe pour Monaco, son image en termes de résultats concrets et de communication ?

C ‘est un moment d’abord déterminant et pour le Conseil de l’Europe et pour le continent européen et pour les pays membres du Conseil de l’Europe. Nous sommes aujourd’hui confrontés, et cela va très vite, à une succession de crises. Des questions énergétiques se posent. La question de la sécurité se pose. La guerre en Iran se développe et nous concerne directement avec des conséquences sur ce qui se passe pour nous.

Évidemment la guerre en Ukraine se poursuit avec une phase actuelle décisive. Nous devons réussir ensemble à faire valoir que non, nous ne voulons pas vivre dans un monde dans lequel la destruction, la violence et l’impunité prévalent, mais nous voulons vivre dans un monde dans lequel des relations pacifiques fondées sur des règles de droit, sur des règles prévisibles, puissent s’imposer parce que c’est la meilleure contribution qu’on puisse avoir pour la paix et que c’est le seul moyen d’offrir des perspectives durables et fiables pour nos populations.

La présidence de Monaco survient à ce moment-là, extrêmement important, avec en corollaire le travail de fond réalisé par le Conseil de l’Europe. Et, durant ces six mois de présidence, des éléments très importants pourront être réalisés lors des rencontres ministérielles à Strasbourg, et ici à Monaco.

J’aurai l’occasion de revenir au moins trois fois dans les quelques prochains mois pour soutenir cet effort. Et je suis très heureux, naturellement, et ce n’est pas une surprise, de constater que l’engagement de Monaco est très fort.

C’est un engagement vraiment désintéressé pour les valeurs et c’est la force, je crois, de cet État que de s’engager pour la vie européenne, pour les 45 autres États membres, au fond, au bénéfice de la population européenne, qui -rappelons-le- représente quand même 700 millions de citoyens et de citoyennes.