Monaco, News 5 juin 2026

Le Musée d’Anthropologie Préhistorique de Monaco à la Galerie des Pêcheurs

by La Rédaction

Loin du Grand Prix dans le temps arrêté, Il y a quelque chose de paradoxal dans l’archéologie : une discipline qui exhume, qui révèle, qui met au jour et pourtant si souvent invisible dans son propre exercice. Le grand public connaît les vitrines, les tessons et les fossiles. Mais le travail qui précède ? La patience, la sueur, la minutie du pinceau sur une paroi millénaire ? Presque jamais. C’est précisément ce hiatus que vient combler l’exposition  » Fouilles « , proposée par le Musée d’Anthropologie Préhistorique de Monaco à la Galerie des Pêcheurs, en accès libre, 24 heures sur 24, jusqu’au 28 juin 2026.

Un lieu, un passage, une rencontre

Située dans le suggestif passage naturel entre le Rocher et le quartier du port, la Galerie des Pêcheurs accueille les visiteurs dans un parcours immersif dédié à l’archéologie contemporaine, à travers des images de grande force artistique. On ne pousse pas une porte,  on traverse un couloir de temps.
Le choix du lieu n’est pas anodin : cette galerie à ciel semi-ouvert, nichée dans le cœur historique de Monaco-Ville, est depuis longtemps un espace de dialogue entre la Principauté et la création photographique. Elle a accueilli des expositions sur les pôles, la biodiversité marine, l’engagement environnemental. Avec Fouilles, elle bascule vers les profondeurs du sol et de l’histoire humaine.

L’archéologie par ceux qui la font

Plutôt que de se concentrer sur les objets anciens, l’exposition porte son regard sur les personnes et les processus à l’origine de la découverte scientifique — depuis les sites de fouilles jusqu’aux travaux de laboratoire qui redonnent vie à l’histoire enfouie. On y voit des chercheurs en action, des gestes lents et précis, des lumières rasantes sur des surfaces que personne n’avait touchées depuis des siècles. C’est une archéologie vivante, humaine, presque intime.
Le musée, fondé en 1902 par le Prince Albert Ier, mène depuis plus d’un siècle des missions de terrain dans la Principauté et ses environs — notamment à la Grotte de l’Observatoire, site paléolithique remarquable situé sous le Rocher de Monaco. Les clichés présentés naissent de ces missions et montrent Monaco comme un territoire encore riche de traces à explorer et à interroger.
« Ce n’est jamais un objet seul qui définit une découverte ; c’est la relation entre toutes ces pièces en mouvement qui nous permet de raconter la vraie histoire du passé. »

Stéphane Gamelin : un regard venu de la mer

Le choix du photographe n’est pas le fruit du hasard. Né à Amiens en 1962, Stéphane Gamelin voulait être océanographe. Ses rencontres avec le commandant Cousteau, Jacques Mayol, Alain Bombard et Haroun Tazieff l’ont conduit vers l’image et vers la presse. Depuis lors, il n’a cessé de naviguer entre les deux:  la rigueur documentaire et la beauté formelle.
Son travail explore fréquemment les thèmes de l’exploration, de la transmission et de la connexion humaine à l’environnement et à l’histoire. Reconnu pour ses photographies des Voiles d’Antibes et pour son livre Le Premier Plongeur — consacré à Frédéric Dumas, pionnier de la plongée aux côtés du commandant Cousteau — il travaille actuellement sur  » Calypso Genesis », une exposition retraçant la naissance du célèbre navire océanographique à Antibes, à partir d’archives inédites et de témoignages rares.
Membre de l’Académie des Arts et Sciences de la Mer et de l’Association Monégasque de Préhistoire, Stéphane Gamelin est l’un des rares artistes à avoir ancré son œuvre à la croisée du monde maritime et du temps long de la science. Son passage à l’archéologie n’est donc pas une rupture — c’est une continuation. Du fond des océans au fond des terres, c’est toujours la même question qui l’anime : comment rendre visible ce que l’œil ordinaire ne sait pas voir ?

Pourquoi y aller ?

Parce que Fouilles est une exposition rare dans sa forme comme dans son propos. Elle ne cherche pas à impressionner avec des pièces spectaculaires — elle cherche à faire comprendre. À montrer que derrière chaque os exposé dans une vitrine, il y a des mois de terrain, une équipe, une méthode, et une passion qui ne ressemble à aucune autre.
L’exposition s’inscrit dans les efforts continus du Musée d’Anthropologie Préhistorique pour rendre l’archéologie plus accessible au public en présentant le travail scientifique à travers des perspectives artistiques contemporaines. En un mot : elle donne envie de creuser.

 

INFORMATIONS PRATIQUES

Lieu : Galerie des Pêcheurs, Monaco-Ville
Dates : Jusqu’au 28 juin 2026
Entrée : Gratuite — accessible 24h/24
Photographe : Stéphane Gamelin
Site : map.gouv.mc